Résumés des communications > Par auteur > Dedinger Clémence

Mise en discussion de la notion de services écosystémiques culturels appliquée à la forêt de Fontainebleau
Clémence Dedinger  1@  
1 : École des hautes études en sciences sociales
Laboratoire Ladyss

Cette communication repose sur le concept de « formes environnementales » (Blanc, 2016). Elles renvoient aux valeurs incorporées dans des formes socio-naturelles déterminées. Elles invitent à renouveler les approches sur les « services écosystémiques[1] ». Cette notion, valorisée depuis la publication du rapport du Millenium Ecosystem Assesment, a de fait un fort pouvoir normatif par son soutien au pilotage des décisions publiques (Daily et al., 2009). Les évaluations de ces services leur attribuent une valeur économique (souvent monétaire) afin de procéder à des analyses en termes de coût-bénéfice et d'arbitrage. Ces méthodes montrent leurs limites lors de l'évaluation des services culturels : du fait de leur caractère intangible et incommensurable, ils sont souvent difficiles à quantifier. A l'exception des services récréatifs (tourisme et loisirs), de nombreux services sont alors exclus des analyses (Chan et al., 2012).

 Nous proposons une méthode d'évaluation alternative des services culturels par les formes environnementales. Les écosystèmes sont valorisés différemment dans le temps et selon les individus. Les services culturels sont alors compris comme les valeurs que les êtres humains attribuent à la nature. Ces valeurs sont contextuelles et varient selon les relations dynamiques et complexes que les individus entretiennent avec elle (Blanc, 2018). La nature dépend de la culture. La caractérisation des formes environnementales, des valorisations de la nature, permet in fine de caractériser les autres services écosystémiques.

 Cet outil conceptuel est appliqué à la forêt de Fontainebleau. Au-delà de son caractère patrimonial, de nombreux acteurs ont leur usage de la forêt. Les représentations et les savoirs des acteurs se comprennent par le recours aux méthodologies qualitatives de l'économie institutionnaliste et de la géographie (promenades commentées, entretiens, cartographie participative, photographie). Ces méthodes montrent la complexité des valeurs attribuées à la forêt dont les évaluations économiques ne rendent pas compte. Les formes environnementales peuvent être matérielles et idéelles : du rocher au brame du cerf, en passant par les paysages. Notre approche étudie les conflits de valeurs liés aux différentes pratiques de la forêt, afin d'éviter les arbitrages indésirés liés à la gestion forestière publique.

[1] Ce sont les « bénéfices que les populations tirent des écosystèmes » (Assesment, 2005).



  • Poster
e
Personnes connectées : 1